Männi – Mir Tut Alles Weh

Männi

 

Männi – Mir Tut Alles Weh (15/03/19 – Dackelton Records)

Männi/Samuel DickmeisOriginaire d’Aachen (Aix-la-Chapelle) en Allemagne, Männi c’est principalement Samuel Dickmeis, qui fait tout tout seul, à la DIY, et s’entoure de différents musiciens à l’occasion des concerts, tournées etc… Männi est son projet solo démarré en 2015. Il a sorti son dernier album “Mir Tut Alles Weh” (“Tout me fait mal”) en mars dernier. Je le découvre maintenant seulement, et j’y trouve un certain confort. Pourtant pour être honnête, il m’a fallu du temps pour vraiment m’y pencher. Männi fait partie de ces noms dont j’ai déjà plusieurs fois vaguement entendu parler, que j’ai “croisés”. J’ai dû y jeter une oreille une ou deux fois, mais ça n’a pas particulièrement pris. Pas un coup de foudre donc, comme ça a pu m’arriver pour d’autres, mais un artiste pour lequel il a fallu laisser le temps faire les choses. Présage de longue et belle histoire? Question de timing sûrement, de contexte, je saurais pas vraiment dire. Mais toujours est-il que depuis 4 jours je suis plongée dans le dernier album et que j’y suis plutôt bien. Au point que l’album a rejoint mon sacro-saint lecteur MP3 et mes écouteurs pour en profiter au max. Gage du niveau de mon appréciation.

Comment j’en suis venue à me pencher sur Männi pour de bon? Si vous avez lu certains des articles précédents, c’est sans surprise… punkrockersradio.de, une fois de plus, et c’était le morceau Ibuprofi. La voix me plaisait, et la mélodie/les chœurs sur le refrain m’ont fait penser à Donots (dont je ne connais pourtant que quelques morceaux). Bref, j’ai entendu cette chanson, j’ai aimé, c’était assez prégnant, le refrain s’ancrait vite. Donc j’ai kiffé, et j’ai fouiné pour entendre le reste.

Männi - Mir Tut Alles WehMir Tut Alles Weh…

…est donc le dernier album de Männi, et comporte 13 pistes pour une durée totale de 39 minutes. Il décrit lui-même son style comme du “Punkrock mélancolique”. C’est bien ciblé, et c’est pas mal ce qui ressort de sa musique ; du moins en effet, certains morceaux soulèvent pas mal de mélancolie chez moi, donc j’imagine que c’est assez général.
L’album démarre sur les chapeaux de roues avec Krasseste Gang pour finir sur une note beaucoup plus douce avec Das erste ehrliche Liebeslied. Certains refrains et mélodies s’imprègnent très vite et deviennent rapidement familiers, peu d’écoutes suffisent pour les accompagner en chantant.  Chœurs et sing-along sont très efficaces et instinctifs. J’avais d’ailleurs commencé à lister les pistes concernées, mais finalement elles le sont toutes, en dehors de 2 incartades qui dénotent volontairement (Montagmittag – Skit, et Einsam – Skit). On a ici affaire à du punkrock/deutschpunk qui tire sa puissance d’une patte particulière. Pas de rapidité excessive omniprésente du début à la fin, ça reste équilibré et on a droit à des morceaux qui dépotent comme à des pauses qui nous enveloppent de leur atmosphère. C’est de bonne facture, à la fois mélancolique et combattif. Certaines sonorités sont même assez poignantes pour moi, j’pense notamment à Alkoholimplantat, Verboten ou encore Ich melde mich.
Les paroles sont plutôt drôles, mais les sujets abordés relativement sérieux (violence policière, (in)justice, situation de l’Allemagne “ich hab die Schnauze voll, meine Farben sind schwarz rot ohne gold“…) ; l’ironie semble bien présente.

Dans mes-références-à-moi-que-j’ai (et qui sont largement insuffisantes j’en conviens) : certaines tonalités et entre autres le chant sur Alles hier me font penser à Adam Angst. L’intro de Heimlicher Abgang me rappelle WIZO (au hasard l’intro de Schweinewelt) que je retrouve aussi par petites touches par-ci par-là. Et comme dit plus haut, Ibuprofi  me fait penser à Donots. J’ai aussi lu à plusieurs reprises des comparaisons avec Abstürzenden Brieftauben (dont Männi a d’ailleurs fait la première partie à plusieurs reprises) mais sur ce coup mes connaissances sont limitées et je m’en remets à ceux qui savent mieux que moi.

Pour conclure. Quand on parle de Männi, surtout quand on en parle version studio, on parle avant tout d’un seul artiste, Samuel Dickmeis. Pour du one man DIY, franchement respect et chapeau. J’ai mis du temps à m’y intéresser mais j’suis en train de pas mal m’attacher à cet album, ça vaudrait ptêt le coup que j’écoute le reste du stock.
Musicalement, toutes les pistes sont bonnes, rien à jeter. Les mélodies sont vraiment très accrocheuses pour moi. Le combo gagnant en général pour ma pomme: le vocal (grain de voix, flow, etc…), les mélodies instinctives, les arrangements. Dans cet album, tout y est, donc combo gagnant, donc j’aime. Y’a quelque chose que j’y trouve touchant. Cerise sur le gâteau pour moi: la prise de position socio-politique. On retrouve Männi dans le réseau Protest Sounds de Kein Bock auf Nazis, pas besoin d’en dire davantage.

Un album que je regrette de découvrir plusieurs mois après sa sortie. Une atmosphère particulière quand on s’y plonge vraiment, mine de rien assez chaleureuse. Ca fait du bien, comme si ça consolait. Des morceaux germanophones mais facilement accessibles. Bref, j’aime beaucoup et en ce moment je n’écoute quasiment que ça. J’suis pas mécontente de savoir que Männi sera sur la prochaine playlist du blog. Allez jeter une oreille!

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