Bei Bedarf – Dichter & Henker

 

Bei Bedarf – Dichter & Henker (12/11/2015 – Core Tex / Cargo Records // 28/04/17 – Bakraufarfita Records)

Hmmm, j’viens de reformuler ça un nombre incalculable de fois et j’ai l’impression de pas trouver les mots justes. Simplement parce que j’ai un rapport étrange à cet album. Attention hein, je l’aime, sinon j’en parlerais pas. C’est-à-dire que je l’ai découvert, j’ai kiffé, mais pour autant je l’ai pas écouté non-stop pendant des jours/semaines de suite comme ça peut être le cas pour d’autres. Ceci dit, il me plait vraiment. Rythme, mélodies, paroles, riffs… Tout m’est terriblement familier à chaque fois que j’le réécoute, et il me fait du bien. Et finalement, comparé aux albums que j’ai écoutés en boucle, le résultat est le même: il tient sur la durée. Des mois après j’suis toujours jouasse de l’entendre. Je sais pas, ptêt comme une impression de retrouver de vieux potes avec qui tout est naturel et fluide.

A la base je l’ai eu dans l’oreille y’a des mois de ça, et je sais plus du tout où j’avais pécho ça. Par défaut j’dirais par une webradio allemande ou une recommandation Youtube, mais j’y mettrais pas ma main au feu… Bref.

Intéressons-nous plutôt à Bei Bedarf. Le groupe a été fondé en 2013, et c’est du made in Kreuzberg (quartier de Berlin). On y retrouve Marek Metronom (Vocals, Guitar), Lukas E. (Backing Vocals, Guitar), Jacob Tee (Bass) et Atschy (Drums).

Entre Deutschpunk et Pop punk, le positionnement politique (pour ne pas dire juste “humain” sur certains sujets) est franchement mis en avant et c’est pas étonnant de la part d’un groupe originaire de Kreuzberg (quartier emblématique, punk, multiculturel, de contre-culture, autrefois faubourg ouvrier, foyer des mouvements alternatifs et gauchistes). On les retrouve parfois dans certains articles au même titre qu’Alarmsignal, Rasta Knast, ou encore Terrorgruppe, WIZO… Le fond est là certes, mais musicalement je les trouve différents encore.

Niveau discographie, on compte un premier EP en 2013 “Abrechnung”, l’album “Dichter & Henker” en 2015 (et 2017, version numérique par Bakraufarfita Records), et à nouveau un EP “Bund statt Braun” en 2017.

Le premier qualificatif qui me vient à l’esprit quand je pense à cet album, c’est “intuitif” voire “instinctif”. Je sais pas si c’est parce que je l’ai écouté plus que je pensais, mais toujours est-il que les mélodies viennent spontanément. Les vers d’oreille sont présents sur de nombreux morceaux. L’intro de Alltagskampf m’a obsédée x fois, ça me rappelait quelque chose mais impossible de resituer. Soulagement quand j’ai percuté qu’elle ressemblait à l’intro de Digital Blackout d’Anti Flag. Bref. Musicalement donc, les mélodies sont fichtrement efficaces. On sent l’enthousiasme et leurs convictions. Les arrangements sont relativement épurés, chaque instrument est à sa place et fait son job, et c’est très bien comme ça. Certaines pistes sont énergiques (Lampedusa, Arbeit) d’autres m’évoquent davantage de mélancolie (Denkanstoss, Schuss ins Grüne), ou me font bien marrer comme VIEP (“Verliebt in einen Polizisten“, soit en français “amoureux d’un policier“) au riff entêtant.

Quant à leur prise de position affichée, leurs messages, un œil à la couverture de leur page facebook ou au clip de Dichter & Henker suffit à saisir l’essentiel. Idem pour les quelques bribes de paroles qu’on arrive à grappiller même en tant que non-germanophone: Un morceau s’intitule Lampedusa, ça en dit déjà très long… et Dichter & Henker nous gratifie d’un “Herzlich Willkommen, warum sind sie hier, Herzlich Willkommen, sind sie integriert” qui selon mes références deutschpunk et par le thème général fait pour moi pas mal écho au “Willkommen in Deutschland” des Toten Hosen ou encore à la chanson du même titre du groupe Fahnenflucht. Donc bon, forcément je partais avec un a priori favorable quand j’ai écouté l’album.

Certains diraient qu’ils ne réinventent pas la roue, mais après tout ils n’en ont pas la prétention. On peut avoir un sentiment de déjà vu, de messages “faciles”, mais c’est le genre de messages essentiels, délivrés avec une pointe de sarcasme, qu’on ne clamera jamais assez, qu’il est malheureusement nécessaire de rappeler, marteler, rabâcher, encore et encore. Donc je leur reprocherais certainement pas ça.

Bref, même si c’est un album que j’écoute “de temps en temps”, ça commence à faire un bon moment que je l’écoute “de temps en temps” et le fait qu’il tienne sur la durée est finalement assez révélateur de mon appréciation. Il brasse étrangement des choses qui me tiennent à cœur, ça fait partie des choses qui comptent beaucoup pour moi, ça fait du bien de l’écouter.

 

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